Participation du CCME au Forum des consommateurs

Le siège du Forum Mauritanien des Consommateurs a accueilli ce dimanche matin 19 décembre 2021 une table ronde sur les enjeux et problèmes du contrôle de qualité des aliments en Mauritanie à la lumière du récent rapport sur le thé produit par le Collectif des Cadres Mauritaniens Expatriés (CCME).

Ont participé à cette table ronde, les experts du Forum des consommateurs mauritaniens, Dr Amma Moulay Ely, Dr Rabab Kaber Hachem et Pr Mama Abah Hamed et du côté des experts du CCME, le professeur Amadou Ba et le Pr Mohamed Bab Saeed  et via ZOOM le Président du CCME Moustapha Ould El Bechir.

 La réunion a été modérée par le Dr Lakouri Al-Heiba ​​​​Lagrae, qui a passé la parole en premier au Secrétaire général Khalil Khairy, qui a souhaité la bienvenue aux invités et les a remerciés pour le travail accompli, présentant le Forum des consommateurs et ses efforts pour l’existence d’une agence en charge du contrôle de qualité des aliments. Suite à ce discours d’ouverture, la parole a été passée au Pr Amadou Ba du CCME qui a expliqué que le CCME est une organisation composée d’experts mauritaniens indépendants vivant à l’étranger et souhaitant servir leur pays. Puis il a exposé le contexte général du récent rapport sur le thé où la réflexion a commencé suite aux inquiétudes suscitées par la mise en évidence de la présence de contaminants dans  une marque de thé au Mali. A son tour le professeur Mohamed Baba Saida présenté une note technique détaillée sur l’étude où il a mentionné qu’ils ont choisi un échantillon de marques de thé consommées en Mauritanie, les ont soumises à un examen pour les pesticides. Sur la base du résultat des analyses, le CCME  a formulé des recommandations, aussi bien aux autorités officielles qu’aux consommateurs.  Pour ce faire, une équipe du CCME a rencontré le Premier Ministre, le Ministre de l’Intérieur, la ministre du commerce et d’autres fonctionnaires et les a informés des résultats de l’étude. Ces hauts fonctionnaires rencontrés se sont montrés choqués par ces résultats et ont promis la prise de mesures nécessaires, notamment en initiant des analyses plus vastes, en créant un organe de contrôle et en promulguant des lois dans le futur.

 Ensuite, le président Moustapha Ould El Bechir est intervenu via Zoom, indiquant que le CCME voulait à travers cette étude alerter sur cette question  du thé,produit de grande consommation , aussi bien par les riches que par les pauvres, les grands et les petits, et a appelé à une expansion de l’analyse et à ce que l’État assume ses responsabilités.

 En commentant les précédentes interventions, le Dr Kuwari Al-Heba Legrae a souligné l’importance de cette étude, car le thé n’est que le sommet de l’iceberg. Tous les produits consommés doivent être contrôlés. Il a appelé à la coordination des efforts actuels de contrôle et d’inspection pour plus d’efficaité.

 À son tour, le Dr Amma Moulay Ali a souligné la nécessité de créer une agence indépendante de contrôle dans les ports et de ne pas se limiter à la date d’expiration, qui n’est qu’une partie du processus d’inspection, appelant tous les organismes de contrôle dispersés à fusionner en un seul organisme chargé de contrôler tous les produits entrant sur le territoire national.

Pour sa part, le Dr Rabab Kaber Hachem a souligné l’importance de cette étude car elle a remué la scène quant à la nécessité de contrôler les produits importés et consommés localement ; et ce ne sera qu’en établissant une agence pour contrôler tout ce qui entre sur le territoire national et en activant le rôle des services de protection des consommateurs et d’hygiène dans l’inspection des installations de stockage, de commercialisation et d’exposition telles que les restaurants, les abattoirs et les épiceries.

Dans la deuxième partie de la table ronde, la place a été cédée aux interventions des participants. Dans son intervention, l’avocat, Mohamed El-Mami Moulay Ali, a exprimé l’importance et le rôle des organisations de protection des consommateurs dans l’éducation des consommateurs sur ce qu’ils consomment et le rôle de l’État dans l’application de la loi sur les contrevenants à la législation qui protège le consommateur. Il a appelé le gouvernement à publier des décrets mettant en œuvre la loi sur la protection des consommateurs.

D’autres interventions ont porté sur les risques sanitaires et économiques des denrées alimentaires infectées. Certains se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles les poissons exportés vers l’Europe sont soumis à un régime d’inspection strict dans notre pays, tout en laissant le marché et les matériaux consommés localement dans un chaos complet de fraude et de contrefaçon. Certains ont appelé à l’affectation de ressources provenant des dépenses de traitement pour l’analyse et le contrôle des aliments.

Dans leurs réponses, les experts mauritaniens du CCME ont remercié le forum et exprimé leur bonheur face à cette constellation d’experts et de professeurs qui les accueille aujourd’hui et leur volonté de coopération et de partenariat au service du citoyen mauritanien car chacun est consommateur. Cette étude n’est que le début pour attirer l’attention de tous sur cette situation dangereuse. Ils ont appelé les citoyens à arrêter de consommer le thé ou à en réduire la consommation au moins.

 En conclusion, les participants se sont mis d’accord sur les recommandations suivantes :

 1_ Le besoin urgent de créer une agence nationale indépendante pour contrôler et suivre la sécurité des aliments et des consommables dans notre pays

 2- Inviter le gouvernement à promulguer les lois et décrets nécessaires pour protéger le consommateur, notamment les décrets d’application de la Loi sur la protection du consommateur.

 3- La nécessité d’intensifier les campagnes de sensibilisation des consommateurs sur les risques liés à l’utilisation d’aliments et de produits contaminés et falsifiés.



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