Communiqué de presse : Rapport de la CEP

Le Collectif des Cadres Mauritaniens Expatriés (CCME), à l’instar de tous les citoyens mauritaniens et des autres acteurs de la vie nationale, suit avec un grand intérêt les événements en cours, relatifs et consécutifs aux travaux d’enquête menés récemment sur la gouvernance de notre Pays durant la période 2009-2019.

Le CCME note que l’Assemblée Nationale a validé le travail accompli par la Commission d’enquête parlementaire, et adopté son rapport, rapport qui pointe des  soupçons de malversations et de détournements ayant entaché la conduite de nombreuses affaires publiques durant la décennie écoulée.

La mise en place de cette Commission d’Enquête, le constat qu’elle ait pu réaliser sa mission sans entrave aucune, et la transmission de son rapport à la Justice pour suite à donner augurent (i) d’une restauration du rôle du Parlement en tant qu’organe de contrôle de l’action gouvernementale -comme il se doit dans toute réelle démocratie, et (ii) d’une nouvelle ère dans la gouvernance économique et financière de notre Pays.

La démission collective du Gouvernement qui a suivi–du fait de la citation de certains de ses  membres dans ledit Rapport- représente également un précédent dans notre histoire politique. Elle remet à jour l’impératif d’une éthique dans l’exercice de la fonction gouvernementale, et met en exergue l’importance de la responsabilité du Fonctionnaire,  à tous les échelons de la charge publique, en tant que serviteur du peuple mauritanien.

Le CCME se félicite de cet important saut qualitatif dans le système de gouvernance de notre pays et le mode de fonctionnement de ses institutions.

Dans la suite logique de cette évolution significative, le CCME (i) exprime le vœu que la Justice puisse faire pleinement son travail -en toute indépendance, et (ii) émet l’espoir que le choix actuel et futur des hommes et des femmes qui auront à exercer des fonctions gouvernementales et dans  les autres sphères de l’appareil d’Etat s’inscrive dans cette exigence renouvelée de respect des principes de base de la bonne gouvernance, notamment ceux d’engagement au service des aspirations légitimes et inclusives de nos populations, d’intégrité, de transparence et de reddition des comptes.

Le CCME souhaite que le processus engagé soit poursuivi, pour englober d’autres domaines où l’impunité prévaut encore, et devienne l’étalon de normalité des politiques publiques.

Nouakchott, le 9 août 2020